Nicolas Invité
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Posté le: 23 Fév 2005, 19:14 Sujet du message: |
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En fait Hennemann a mis Datames en synonymie avec Pylaemenes en 1998. Donc, si on suit Hennemann, Datames n’est plus valide et tous les espèces classées dans ce genre appartiennent « automatiquement » à Pylaemenes.
Mais Bragg, dans son bouquin sur les phasmes de Bornéo, met en doute cette synonymie qu’il considère pour l’heure peu fondée. Et considère donc Datames comme un genre valide.
Pour ma part, je ne donnerai pas mon avis sur le fond, n’ayant pas étudié la question. Mais il faut bien voir que Datames et Pylaemenes ont leur espèce type respective de Java, donc cette synonymie de Hennemann n’a rien d’improbable. Cependant rien ne prouve que les espèces de Bornéo appartiennent au même genre que les espèces javanaises. Je pense que c’est à Bragg de faire les recherches sur ce point.
Pour l’heure, je pense qu’il vaut mieux employer Datames muluensis.
Un dernier point : l’espèce est le seul taxon qui ait une réalité biologique ; tous les taxons supérieurs sont des constructions humaines et sont donc tout relatifs : là où un auteur considérera qu’il y a un genre, le genre Z avec les espèces a, b, c, d, un autre auteur, en se fondant sur un caractère qu’il aura choisi pour X raisons, dira qu’il y en a deux, le genre Z avec les espèces a et b et le genre Y avec les espèces c et d ; un troisième auteur dira qu’il ne s’agit que de sous-genres ; un quatrième affirmera quant à lui qu’il y a bien là deux genres, le genre Z avec les espèces a et d et le genre Y avec les espèces b et c, en se fondant sur un autre caractère que le deuxième auteur.
Qui a raison ? Pour le rang du taxon (genre ou sous-genre ?), tout le monde, c’est juste une question de point de vue. Pour la répartition des espèces a, b, c et d ? Là, une seule personne a raison, c’est celle dont la position des espèces est en accord avec l’histoire naturelle (mais peut-être qu’il s’agira d’un cinquième auteur qui mettra a avec c et b avec d !) ; pour le découvrir, c’est bien là que ça se complique ! Parce que le fait que a est plus proche morphologiquement de b que de c n’est pas une preuve que a soit plus apparenté à b qu’à c !
Un exemple simple : prenez l’orang-outan, le gorille, le chimpanzé et l’homme. Le « bon sens » voudrait que les trois premiers (des singes !) soient plus proches parents les uns des autres que de l’homme. Or l’homme est plus apparenté au chimpanzé que ce dernier au gorille, et l’homme, le chimpanzé et le gorille sont plus apparentés les uns aux autres qu’ils ne le sont de l’orang-outan. Donc, « singe » n’est pas un taxon ; pour qu’il le devienne, il faudrait y intégrer l’homme. Donc dire que l’homme descend des singes n’a aucun sens.
C’était quoi la question ? Ah oui, muluensis…
Désolé, je me suis emporté ! |
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